Interview réalisée le 31 octobre 2009
Monsieur le Maire, à la veille de la Toussaint, quelles sont vos préoccupations ?
Mes premières pensées vont à tous ceux qui iront honorer la mémoire d’un être cher
disparu, qu’ils soient valjoviens ou qu’ils ne le soient plus. Je souhaite qu’ils puissent être heureux d’être à Vaujours dans ce moment
là.
Ensuite, je pense à ceux qui en temps de crise ont
des difficultés pour joindre les deux bouts. Les valjoviens sont solidaires et nos structures municipales sont là pour épauler les plus fragiles. C’est la mission du Centre Communal d’Action
Social et de service inter-générations.
Quelles ont été vos actions pour pallier les effets de la crise ?
Ne pas
augmenter les impôts pour la seconde année consécutive. J’ai voulu respecter un engagement que
j’avais pris pendant la campagne électorale et auquel je tiens encore plus aujourd’hui.
De même, la majorité que j’ai l’honneur de conduire a souhaité geler les tarifs des
services municipaux pour compenser la perte de pouvoir d’achat. Les valjoviens devaient pouvoir continuer leurs activités telles que la musique par exemple sans se poser la question du
choix.
Certains ont quand même le sentiment que les impôts locaux ont augmenté.
A Vaujours, nous n’avons pas augmenté les taux d’imposition malgré tout ce qui a été réalisé depuis mars 2008.
Toutefois, la majorité de gauche du Conseil Général de
Seine-Saint-Denis a fortement augmenté la part d’impôt qui lui revient, de sorte que les habitants contribuent tout de même un plus que l’année dernière.
Cet argent ne rentre pas dans les caisses de la commune mais bien dans celles du département.
Le département reverse-t-il une partie de cette manne aux valjoviens et sous quelle forme ?
Pas vraiment, il faut se battre pour obtenir les financements de nos projets. Après ma rencontre avec Claude BARTOLONE, j’ai tout de même obtenu
le réaménagement de la rue de Meaux, porte d’entrée de la Seine-Saint-Denis, qui avait été longtemps négligé. Le travail a commencé par l’abattage des arbres malades, la mise en
accessibilité aux personnes à mobilité réduite des passages protégés et se poursuivra par un réaménagement global de la voirie.
Justement, au sujet de la voirie, quels sont vos projets ?
Nous continuons le programme que nous avions établi en début de mandat. Les travaux du Court-Saint-Etienne sont presque achevés et ceux du chemin de Villepinte et de l’allée des Sablons devraient
bientôt commencer.
Pour autant, le chantier est immense. Le diagnostic que nous avons
réalisé a confirmé nos pires craintes :
82 % des voiries de Vaujours sont à refaire. Il fallait donc trouver une réponse adaptée pour refaire
un maximum de rues sans que les travaux durent des années. Nous souhaitons donc mettre en œuvre un
Partenariat Public-Privé (PPP) par lequel un prestataire investira pour le compte de la ville dans une réfection de la quasi-totalité des voies en trois ans contre un
loyer. L'entretien des voies rues sera à la charge de ce partenaire jusqu'au paiement du dernier loyer. C'est un tout compris, gagnant-gagnant,
pour les valjoviens.
Par ailleurs, j’ai proposé au conseil municipal de transformer notre Plan d’Occupation des Sols en Plan Local
d’Urbanisme. Ce document comportera un volet sur la circulation qui fera l’objet d’une étude particulière. Après, nous irons à la rencontre des riverains pour finaliser l’aménagement global des
voies en tenant compte des flux circulatoires.
Concernant les équipements publics, qu’en est-il du contrat régional signé par la ville avant votre arrivée aux affaires ?
Je vous rappelle que ce contrat
devait financer la réalisation des trois équipements publics : Un centre de loisirs, un gymnase et l’agrandissement du réfectoire de l’école Jules Ferry.
Le centre de loisirs a été livré avec 18 mois de retard et la ville a dû « payer » en plus pour la
mauvaise gestion de ce chantier!
S’agissant du gymnase, nous avons souhaité revoir le lieu
d’implantation et proposer l’enceinte du collège Henri IV pour éviter aux élèves la traversée de la rue de Meaux et du Pont Alexandre Boucher, voies dangereuses selon nous. Le dialogue
avec le Conseil Général de Seine-Saint-Denis et le Conseil d’Administration de l’établissement a été constructif et a abouti à un accord au mois de juin dernier. Je dois souligner le soutien
apporté à ce projet par les élus de l’opposition socialiste et des représentants de la F.C.P.E. Les
associations disposeront de créneaux horaires supplémentaires après les heures de cours et le week-end.
Concernant le réfectoire, je souhaite modifier le contrat régional pour qu’il finance plutôt la rénovation du
stade Jules Ferry.
En effet, Vaujours grandit et je ne crois pas qu’une extension « partielle » et ponctuelle de l’école
réponde aux enjeux futurs.
Je souhaite donc construire un nouvel établissement scolaire qui sera en capacité d’absorber les nouvelles
populations qui occuperont les constructions qui s’achèvent aujourd’hui.
Votre programme électoral est ambitieux, Vaujours a-t-elle les moyens financiers pour tenir vos promesses ?
D’abord, je tiens à redire que je respecterai mes
engagements mais vous comprenez bien que je ne peux pas réaliser l’intégralité de mon programme en deux ans, même si je l’avais
voulu.
Il a fallu prendre le temps de dresser un bilan de la ville telle qu’elle nous a été laissée par la municipalité
précédente. Des audits ont été réalisés et sont à la disposition des tous les valjoviens qui souhaitent venir en mairie en prendre connaissance.
Aujourd’hui, en effet, la ville dispose de moyens financiers qui auraient pu être utilisé afin de préserver le
patrimoine commun et apporter des services supplémentaires à la population.
Un excédent financier n’est pas la preuve d’une gestion saine. Vous pouvez
constater vous-même que le patrimoine était dans un état lamentable : Jeux pour enfants vétustes, toilettes « turc » et dans les
écoles, centres de loisirs hors normes, voiries dégradée, etc.
La liste est longue et je n’arrive pas à concevoir que l’on
puisse se prévaloir d’un bilan financier alors qu’il y avait tellement de choses à faire.
Dans ces conditions, je dois relever un double challenge : Remettre en état un patrimoine qui a été
délaissé et tenir mes promesses sans augmenter les impôts.
Mais, à force de travail, nous devrions y parvenir.
Quelles répercutions va avoir la suppression de la taxe professionnelle pour les habitants de notre ville ?
Je suis de près le sujet.
J’ai eu l’occasion d’intervenir publiquement pour faire valoir la spécificité des villes comme Vaujours dont les
ressources minières sont exploitées. J’ai été écouté et rejoint sur ce « terrain » si j’ose dire par notre député Eric RAOULT.
Maintenant, je défendrai avec ardeur les intérêts des valjoviens
et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que la suppression de la taxe professionnelle soit compensée au centime près.