Chers Amis,
Le second tour des élections cantonales ce 28 mars 2011 a confirmé le désintérêt des Français pour ce scrutin et le discours actuel. Dès lors, les élus et les commentateurs de la vie politique doivent faire preuve de la plus grande modestie quant aux leçons qui peuvent être tirées des résultats.
Cette modestie passe par une remise profonde de la manière dont on fait de la politique en France. Avec une participation si faible, il faut avoir le courage de dire que cette élection marque une défaite collective des partis politiques.
Cette modestie devrait particulièrement être recommandée au parti socialiste qui, dirigeant deux
départements sur trois dans notre pays depuis 2004, n'est pas parvenu à rendre visible l'action des conseils généraux. Or, on le sait, quand les électeurs se sentent directement concernés par une
élection, comme avec les municipales, ils vont voter. Si on n'avait pas transformé ce scrutin local en référundum présidentiel, on aurait davantage "parlé vrai".
Je demande clairement à nos partenaires de la majorité présidentielle de changer de stratégie électorale, tant son échec est patent : on ne contient pas le vote FN, qui est un vote protestataire,
par une inflation verbale et une surenchère sur le thème de l'immigration. Cette stratégie conduit à mettre le FN au coeur du système politique français, ce qui est évidemment le contraire du
résultat recherché.
Pire, cette stratégie contribue à masquer totalement l'ampleur des réformes menées depuis 2007 - des réformes indispensables pour éviter un déclassement du pays. Soyons clairs : c'est notre responsabilité, morale et politique, de centristes de construire au sein de la majorité présidentielle ce pôle clair dans ses engagements, fidèle à ses valeurs et qui, surtout, travaille à un projet de société.
La meilleure manière de gagner 2012, c'est de parler projet contre projet. Cette démarche, c'est celle de la confédération des centres qui désormais doit affirmer sans ambiguité son existence et ses exigences. Nous ne sommes pas dans la division mais dans le rééquilibrage.
En Île-de-France, avec mes collègues radicaux, centristes, divers droite, j'entends mener cette démarche de reconquête.
Laurent LAFON,
Maire de Vincennes,
Président du Groupe NC au Conseil Régional d'Ile de France
